Semences paysannes en Tanzanie

Un vent de changement grâce aux semences ancestrales

La faim et la malnutrition sont encore très répandues dans de nombreuses parties de l’Afrique et de l’Asie. Le réchauffement climatique et la dépendance aux produits agricoles de multinationales exacerbent le problème. Un projet transversal à 4 pays sur 2 continents se concentre sur la redécouverte et réhabilitation de semences traditionnelles locales afin d’améliorer les conditions de vie des populations du Sud.

En bref

Pays, région:
Régions de Mtwara et Lindi, Tanzanie
Durée:
Juillet 2021 - juillet 2025
Bénéficiaires:
800'000 personnes, dont la moitié de femmes.
Budget total du projet:
3'121'980 CHF

But

Ce projet répond à l’appel à propositions lancé par le Programme Global Sécurité Alimentaire de la DDC et est préparé par le consortium constitué de SWISSAID, l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) et l’Alliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA). Il vise les objectifs suivants:

  • Rendre les cultures et les variétés traditionnelles plus attrayantes en démontrant leurs avantages nutritionnels
  • Soutenir les familles paysannes à améliorer leurs techniques de culture
  • Renforcer les systèmes de semences des paysan-ne-s et protéger leurs droits à diffuser, échanger et vendre eux-mêmes leurs semences

«Nos semences locales sont notre trésor et notre héritage. Nous devons les protéger», explique Fatuma Suleimani Rashidi, face à la caméra. Cette paysanne tanzanienne a bénéficié d’un projet SWISSAID qui a changé sa manière de voir les terres qu’elle cultive et les semences qu’elle utilise.

 

Dans les régions reculées de Mtwara et Lindi, en Tanzanie, un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté. En dépit de semences et de pesticides coûteux, il n’est pas rare que les familles paysannes perdent les récoltes dont elles dépendent pour survivre. Un programme mis en œuvre par SWISSAID dans 4 pays vise à arrêter la dépendance nocive des paysannes et paysans aux multinationales et leur permettre de renforcer leur résilience, sans intrants chimiques ni semences couteuses. Pour cela, le projet redonne vie aux semences traditionnelles locales, souvent oubliées mais incroyablement résistantes et nutritives. Ces variétés, telles que l’arachide de Bambara, l’aubergine africaine, le chou africain et l’amarante, sont riches en nutriments et possèdent de bons rendements.

Meilleure récolte, meilleure santé

Pour cultiver ces semences, des approches agroécologiques sont enseignées aux paysan-ne-s. Fatuma a appris à cultiver la terre d’une manière qui respecte et enrichit l’environnement. Elle s’est notamment formée à la culture de la banane et a appris une méthode permettant à un fruit de produire 40 jeunes pousses. Elle connaît désormais de nouvelles techniques de conservation des semences et peut évaluer correctement les rendements des récoltes en fonction des conditions météorologiques changeantes. Ces méthodes ont changé sa manière de vivre.

«La différence entre l’agriculture conventionnelle et biologique, c’est que l’agriculture conventionnelle utilise des produits chimiques qui nuisent à notre santé et pollue les terres dont nous dépendons pour nos activités agricoles. Depuis que j’utilise des produits naturels et que nous mangeons principalement des aliments biologiques, ma santé et celle de mes enfants s’est nettement améliorée. Nous tombons moins souvent malades et avons moins de problèmes d’estomac», explique Fatuma.

Ainsi, en s’appuyant sur un savoir ancestral et des pratiques agricoles innovantes, le projet prouve que le changement est possible. Et l’espoir renait auprès des populations.